TOMÁŠ HOSKOVEC
Résumé : Le texte étant une dimension inhérente du langage, la linguistique est textuelle ès qualité. Le vrai défi porté au linguiste est de savoir saisir le texte de façon adéquate. Le programme de philologie englobante conçoit tout texte (discours) comme un fait socio-culturel particulier soumis à tout un ensemble de normes socio-culturelles. Le texte est un moyen qui suit un but (il en suit d’habitude plusieurs à la fois) ; or la tâche du linguiste ne consiste pas à identifier le ou les buts du texte, mais à étudier, d’un côté, le potentiel significatif des moyens systémiques de la langue, déployés dans le texte, et de l’autre, les normes socio-culturelles qui seules garantissent la possibilité d’une concorde dans l’interprétation du texte. La langue est conçue comme un système de signes binaires de différente taille, dont la phrase. La phrase, unité explicative centrale du système abstrait de langue, est définie en indépendance absolue de l’énoncé, unité explicative centrale du texte concret. Grâce à cette indépendance, il est possible de classifier les supports linguistiques d’énoncé par rapport à la structure de phrase, en donnant en même temps une description différentielle de la phrase qui s’appuie sur la capacité de celle-ci de servir l’énoncé. L’auteur positionne son intelligence des choses par rapport au foyer pragois de structuralisme fonctionnel et à l’école parisienne de sémantique interprétative.
TOMÁŠ HOSKOVEC
Résumé : Sont reproduites ici les thèses soumises au colloque international « Expérience et avenir du structuralisme », organisé du 24 au 26 octobre 2016 inclus par le Cercle Linguistique de Prague (CLP) à l'occasion de son 90e anniversaire.
TOMÁŠ HOSKOVEC
Résumé : Et si la linguistique finissait par reconnaître que son objet est dûment circonscrit ? — Mue le plus souvent des cas par un vain désir de se voir installer dans une niche universitaire neuve, la manie actuelle d'inventer des branches toujours neuves de recherche linguistique, empêche de voir que la linguistique est une et indivisible par sa tâche et ses procédés, et que toute spécialisation, exigence naturelle de la science contemporaine, exige en contrepartie la connaissance et la reconnaissance de l'ensemble. La langue, objet de la linguistique, est bel et bien la potentialité de la communication langagière, c'est-à-dire la capacité de produire et d'interpréter les textes, tant oraux qu'écrits, qui à leur tour sont des événements historiques et culturels socialement normés. Cette délimitation existe depuis Wilhelm von Humboldt ; c'est également depuis Humboldt qu'existe la notion du signe linguistique bifacial (ou bilatéral), rendue célèbre par Ferdinand de Saussure. Ce que la linguistique doit à Saussure, c'est son programme sémiologique, où le signe linguistique vaut quelque chose et où la valeur résulte toujours des rapports systémiques. L'auteur rappelle les nouvelles thèses, formulées par le Cercle linguistique de Prague en 2016, comme un programme contemporain pour discuter de la recherche linguistique future.
TOMÁŠ HOSKOVEC
Résumé : — Cette leçon inaugurant la série Problèmes de philologie englobante | Issues on encompassing philology, présentée au séminaire transatlantique du Cercle Benveniste de Calgary le 22 octobre 2021, souligne l’originalité de la problématique de la linguistique pragoise, tant sur le plan de l’histoire des idées que dans ses perspectives actuelles.
TOMÁŠ HOSKOVEC
Résumé : — Après avoir rappelé les objectifs pratiques de la recherche scientifique de Karl Bühler, et de la nouveauté de son approche théorique, cette note souligne la récurrente actualité de Karl Bühler : l’ancrage de la psychologie dans la biologie marque un tournant dans l’histoire des sciences; et, ce qui est plus important, son approche non réductionniste des recherches psycho-somatiques. En effet, le postulat de Bühler qu’il n’y a point de perception sans interprétation, est douloureusement pertinent au temps présent où la science semble aveuglée par la naïveté philosophique généralisée qui s’obstine à récuser toute interprétation à force de n’y voir que de la métaphysique. En replaçant la pensée de Karl Bühler dans le cadre de la médecine et de la biologie, cette note engage ainsi à dépasser la vulgate sémiologique qui s’appuie exclusivement sur la première partie de sa Sprachtheorie, pour souligner son actualité remarquable qui rencontre les recherches actuelles sur la communication comme couplage avec l’environnement.