JEAN SZLAMOWICZ
Résumé : — L’article se donne pour but d’étudier les défauts scientifiques des propositions de réforme de la langue connues sous le nom d’écriture inclusive. La confusion entre signes linguistiques et référents humains, l’axiome déterministe voulant que la langue soit à la source de la pensée et de la culture, certaines déclarations des « inclusivistes » (notamment de la langue comme produit d’une décision institutionnelle) y sont fortement dénoncés. L’étude des procédés rhétoriques, stylistiques et argumentatifs de diffusion de la doctrine indexe finalement l’inclusivisme comme pratique de propagande politique et idéologique.
YANA GRINSHPUN et JEAN SZLAMOWICZ
Résumé : — Introduisant le premier numéro de la revue Observables (2021) les auteurs rappellent les distinctions fondamentales nécessaires pour aborder la catégorie du genre grammatical indépendamment de l’idéologie inclusiviste.
JEAN SZLAMOWICZ
Résumé : — Le rapport entre le pluriel et le genre concerne le lien entre métalangue et phénomènes : le marquage du pluriel et le marquage du genre ne renvoient pas à une dimension unique des référents, mais à des potentialités sémantiques vastes qui participent de la dynamique langagière. Le pluriel n’est pas une application mécanique de la dénotation du nombre et le genre n’est pas non plus le décalque automatisé du sexe. Outre cette disrelation entre pluriel et genre sur le plan morphologique et sémantique, l’auteur montre comment pluriel et genre sont liés par leur intrication qui renvoie au caractère générique ou spécifique des énoncés, à la nature des substantifs, à l’inclusion du divers (noms collectifs), à l’organisation des accords, aux opérations de référenciation ainsi qu’à la question du neutre comme catégorie sémantique. Ainsi, genre et pluriel sont considérés comme des catégories morphosémantiques aux multiples réverbérations ne pouvant pas se résumer à une simple opposition référentielle, ni à une réduction symbolique manichéenne.
JEAN SZLAMOWICZ
Résumé : Cet article examine la notion de « perversion idéologique » comme détournement du sens commun, entendu comme articulation entre savoir partagé et rationalité communicationnelle. Il montre comment certains discours substituent à l’exigence de vérité une logique de mauvaise foi fondée sur la réécriture du réel, la redéfinition des mots et l’usage prescriptif d’un vocabulaire axiologique et sloganique. Dans ce cadre, le statut de victime devient une valeur en soi, conférant une légitimité morale à des revendications qui échappent aux critères ordinaires de vérification. Nous analysons la diffusion de cette logique dans le champ de la recherche, où des notions telles que « décolonisation », « justice épistémique » ou « care » servent à remettre en cause l’objectivité scientifique au profit du ressenti et de l’identité. Cette valorisation du victimisme conduit également à une redéfinition de la violence, désormais présentée comme légitime lorsqu’elle est attribuée à des groupes perçus comme opprimés. Nous montrons enfin que ce renversement accusatoire, appuyé sur des termes consensuels, les « Maîtres-Mots » (« paix », « justice » ou « résistance »), peut aller jusqu’à normaliser ou justifier le terrorisme. La perversion du sens commun réside ainsi dans l’instrumentalisation rhétorique des valeurs collectives pour inverser les repères moraux et rendre acceptable la radicalité politique.