Guillaume Paugam
Benveniste, le “Je” et la langue. — Des déictiques et de la “subjectivité”
Résumé : Publié en 1958, l'article d'Émile Benveniste « De la subjectivité dans le langage » a durablement inspiré les sciences-humaines du fait de la radicalité de la thèse avancée — la détermination linguistique de la subjectivité — et la rigueur en apparence implacable de la méthode utilisée. De fait, en fer de lance des sciences-humaines, la linguistique semblait alors en mesure de renouveler en profondeur les questionnements séculaires de la philosophie. Il n'en demeure pas moins que l'argumentation avancée par Benveniste pour étayer sa thèse se révèle à l'examen beaucoup moins rigoureuse qu'il n'y paraît tout d'abord et que si ses preuves, prises dans leur globalité, peuvent sembler mériter d'emporter la conviction, considérées isolément elles s'avèrent pour le moins contestables. Ainsi se dessine à contre-jour une stratégie de conviction bien particulière où la validité de la thèse avancée ne relève d'aucun des arguments censés la soutenir.
Pour citer ce document
GUILLAUME PAUGAM (2008) «Benveniste, le “Je” et la langue.», [En ligne], Volume XIII - n°3 (2008). Coordonné par Carine Duteil.,
URL : http://www.revue-texto.net/index.php/http:/www.revue-texto.net/1996-2007/Archives/Parutions/docannexe/Archives/SdT/docannexe/file/Parutions/Semiotiques/index.php?id=1622.