
Volume XVIII - n°2 (2013). Coordonné par Christophe Gérard
Parutions et trésors
La culture émerge d’un cheminement individuel, social, collectif, à l’échelle de la famille et d’un ou plusieurs pays. Elle est faite d’apprentissages, d’initiations plus ou moins heureuses, de contacts, de rencontres, de voyages, de souvenirs, de mémoire réelle et fictive: l’ensemble de ces ingrédients forment la base d’une culture à laquelle se référer et s’identifier. Intimement liée à la notion de mémoires individuelle et collective, elle s’inscrit de notre gré ou à notre insu dans un processus de formation et d’identification sur le (très) long terme de manière synchronique mais également diachronique.Au-delà de l’Œuvre ou du Texte en tant que corpus, une période entière peut contribuer à éveiller un sentiment commun qui fait sens consciemment ou inconsciemment. La période médiévale dans son approche religieuse et romanesque a influencé la culture occidentale de manière considérable. Rejetée en bloc de la Renaissance au XIXe siècle, elle est revenue en force dans le dernier tiers du XXe siècle. Nous verrons comment l’époque et l’œuvre médiévales avec ses motifs se retrouvent dans la majorité de la production cinématographique américaine et européenne du moment et; à ce titre, orientent dans une certaine direction une bonne partie de la jeunesse mondiale. Une sémiotique des cultures, telle que François Rastier la conçoit, permet de prendre en considération les influences bénéfiques ou néfastes des temps passés sur le présent, permet d’en comprendre les raisons et d’envisager de possibles incidences sur les mentalités présentes et à venir.
Parutions et trésors
A partir du blog L’autofictif de Chevillard, sont interrogées les grandes notions de genre de style et d’œuvre à l’aide des composantes textuelles de François Rastier. Notre contribution insiste sur trois points essentiels: la nécessité de concevoir le genre comme relation hiérarchique entre composantes, une gradualité des contraintes génériques, allant du plus générique à la singularité textuelle, et une sémiosis textuelle qui redonne ses pleins droits au plan de l’expression.
Parutions et trésors
Le parcours interprétatif proposé ici pour la nouvelle de Katherine Mansfield traversera tout le texte de The Garden-Party. La pratique interprétative n’est pas amenée pour illustrer la théorie mais pour la faire progresser. La nouvelle ne sert donc pas de prétexte. Au contraire, on partira des interprétations historiques pour montrer qu’elles gagnent à s’enrichir d’une description de certains passages et des relations établies entre ces passages. Si la fin de la nouvelle a fait l’objet d’abondants commentaires érigeant une séquence en parangon du sens global, le début a été classé sous le signe de l’euphorie précédant l’initiation à la mort; il est d’ailleurs souvent relié au cœur de la nouvelle, dédié au déroulement de l’événement festif (la "garden-party" éponyme). Or l’incipit est le lieu de métamorphismes et de transpositions de fonds qui le connectent à d’autres lieux du texte, notamment à la sortie du jardin et à la réécriture du topos de la descente aux enfers. Aussi est-il proposé dans cette communication de montrer que la cohésion sémantique du texte repose entre autres sur l’établissement de relations entre passages, relations qui prouvent qu’un texte est bien plus qu’une addition de morceaux, même de bravoure, sans autre lien l’un avec l’autre que ceux de pure contiguïté.
Parutions et trésors
Notre propos s’intéresse à la notion de passage développée par François Rastier dans le cadre d’une théorie contextuelle du sens. Le passage résulte directement de la problématique interprétative: il s’y définit tout à la fois comme un lieu du texte et comme un moment d’un parcours qui le choisit et l’isole. Considéré, qualitativement, comme un ilot de pertinence, le passage se retrouve dans des domaines d’application comme la thématique et l’exploration des corpus numériques. Nous examinerons dans cette perspective un corpus de textes médiatiques (Unes et articles de journaux; magazines en ligne) autour de l’affaire dite de la "bactérie tueuse" (crise de l’e.coli en 2011) en nous attachant tout particulièrement à la construction et à l’évolution des unités thématiques et dialectiques (isotopies, groupements sémiques, acteurs), ainsi qu’aux changements de foyers énonciatifs (métamorphismes dialogiques).
Dits et inédits
On prend comme point de départ le thème perceptiviste tel qu'il a été développé dans le cadre de la conception morphosémantique de l'activité langagière (Rastier), pour laquelle le langage, avant que d'être envisagé dans sa capacité à formuler le compte rendu d’une perception anté-linguistique, ou à en témoigner des effets dans ses régularités grammaticales, doit être problématisé en tant qu'il a lui-même à être perçu, sur les plans du signifiant (ce qui est communément admis) comme du signifié (ce qui l'est moins).Dans ce cadre, on s'intéresse plus particulièrement aux relations qu'une telle conception, qui emprunte ses manières de problématisation aux modèles perceptifs de la Gestalt, entretient, ou pourrait entretenir, avec les dualités saussuriennes les plus reçues (langue/parole ; signifiant/signifié ; syntagmatique/paradigmatique), et plus largement le concept de signe : comment comprendre en particulier cette élaboration/perception de fonds et de formes sémantiques en quoi consisterait l'activité de langage en relation avec l'hypothèse régulatrice de la distinction langue/parole ? Quel statut assigner au principe d'unités bifaces, dès lors que la perception est posée comme d'emblée sémantique ? Comment penser la relation entre des grandeurs dont la manifestation se déploie sur des fenêtres temporelles larges avec l'intuition que les unités, si on les comprend comme des gestalten, devraient pourtant se manifester dans des formats permettant la mémorisation ?On propose d'apporter quelques éléments de réponse à ces questions d'ordre général en se situant à un palier intermédiaire d'analyse, en l'occurrence celui désigné par le concept d'item lexical dans la tradition linguistique anglo-saxonne (Sinclair). On suggère en effet que le type de phénomènes auquel permet d'accéder ce concept intrique foncièrement les dualités mentionnées, et permet de proposer un modèle perceptif du signe qui tout à la fois les régule et permet de mieux comprendre leur complexité.
Corpus et méthodes
L'auteur de ce livre décrit les spécificités et les intérêts d'une approche centrée sur l'utilisateur dans le domaine du traitement automatique des langues et dans le domaine des environnements numériques de travail. Loin de concevoir l'utilisateur comme un simple exécutant, l'approche défendue en reconnaît en effet, à fort juste titre, la contribution active, c'est-à-dire interprétative et même créatrice.
Arts du langage
Le chapitre 74 de La Vie mode d’emploi de Georges Perec, intitulé « Machinerie de l’ascenseur 2 », se présente comme une rupture herméneutique dans l’ouvrage, par sa dimension onirique mais aussi par ce qu’il semble révéler sur l’immeuble lui-même. Ce texte échappant donc à la seule logique de la contrainte, nous l’envisageons selon trois axes de lecture, en référence à l’enfer dantesque, aux villes invisibles de Calvino, et à l’holocauste. Enfin, un raisonnement conclusif permet de tempérer la pertinence tant de l’analyse par la logique de la contrainte que selon ces axes et de montrer comment ce chapitre constitue ni plus ni moins qu’une des conditions de l’existence de l’immeuble.
Corpus et méthodes
Cette étude explore l'histoire de la mise en place de la linguistique de corpus au cours du vingtième siècle, à partir de 1950, en tant que changement de paradigme dans l'analyse du langage, plus particulièrement appliquée à la langue anglaise. Des parallèles seront évoquées entre le développement de la linguistique de corpus, considéré comme un changement de paradigme impulsé par des avancées technologiques et les bouleversements similaires et synchrones qui ont eu lieu dans le domaine des sciences de la Terre, impulsés de même manière par des technologies nouvelles : il s'agit du passage de la notion d'une Terre figée à la théorie de la dérive des continents et la tectonique des plaques. L'école contextualiste britannique de la linguistique de corpus sera présentée, à travers trois de ses figures clés : le précurseur, John Rupert Firth, le fondateur John McHardy Sinclair, et le visionnaire William E. (Bill) Louw, le premier à avoir compris l'importance du phénomène de la prosodie sémantique.
Dits et inédits
Après une critique des critères traditionnels qui président à la distinction entre voix active et passive, l’auteur propose une redéfinition rationnelle, inspirée par la linguistique saussurienne.
Dialogues et débats
Dans la polémique sur l'implication politique de Martin Heidegger, et ce qu'on en doit lire dans son œuvre, Jean-Pierre Faye exerce ici son droit de réponse à François Fédier, défenseur du philosophe de Fribourg.
item lexical, perception sémantique, perception sémiotique, prosodies sémantiques, signe linguistique