Volume XX - n°1 (2015). Coordonné par Carine Duteil-Mougel
Agenda
Humanités et Sciences de la culture Questions d'avenir
JOURNÉE D’ÉTUDES ORGANISÉE PAR Astrid GUILLAUME et François RASTIER Lundi 4 mai 2015 Maison de la Recherche de l’Université Paris Sorbonne 28, rue Serpente – 75006 Paris – Salle 035
Appel à communicationsLes humanités tiraient leur légitimité et leur prestige d’un idéal de culture à présentcontesté par tous ceux qui s’en tiennent à une restriction productiviste de la société, quiprivilégie l’information sur la connaissance et suspecte leur dimension critique quis’étendait de la philologie à l’éthique.Leurs descendantes académiques d’aujourd’hui, les lettres et les sciences humaines,disciplines anciennes ou très récentes, manquent encore d’un projet de connaissanceglobal, dont la légitimité soit reconnue comme incontestable, à l’égal des sciences de lavie, de la nature ou des disciplines logico-formelles.Les apports de l’anthropologie philosophique, de la philosophie des formessymboliques, comme des grandes disciplines historiques et comparatives (linguistique,traductologie, anthropologie, science des religions, mythologie, folkloristique) peuvent être unifiés ou du moins pensés ensemble dans l’espace ouvert d’une sémiotique des cultures –où les littéraires, les grammairiens, les musicologues, les spécialistes de l’image et dugeste, les civilisationnistes, les historiens ont toute leur place.Alors même que les décideurs voudraient répartir sans reste l’ensemble de cesdisciplines entre la cognition et la communication, le développement des « humanitésnumériques » peut être l’occasion d’un nouvel approfondissement.Cette journée entend sans exclusive renforcer des liens entre disciplines trop souventséparées, souligner le caractère spécifique et irremplaçable des connaissances qu’ellesproduisent et réfléchir à des directions communes de recherche.Qu’elles soient théoriques ou descriptives, les communications s’attacheront à prouverle mouvement en marchant et à favoriser l’interdisciplinarité, fût-elle interne, pourpermettre le recul nécessaire à un nouvel essor.
Repères pour l'étude
Langue de service ou langue de culture dans les méthodes FLE ?
Pratiques d’enseignement/apprentissage du français langue étrangère à l’ITESM, Campus Toluca, Mexique
VERÓNICA PORTILLO SERRANO
Les méthodes FLE sont devenues un outil incontournable dans les classes de langue au Mexique et partout dans le monde. Celles qui occupent une place importante dans les écoles se réclament notamment de l’approche communicative et de l’approche actionnelle. Cette dernière approche est privilégiée par le Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues (CECRL) qui met en œuvre une vision de la langue utilitariste. La vision TEC 21, récemment mise en place par l’Instituto Tecnológico y de Estudios Superiores de Monterrey (ITESM), qui vise à fournir une formation comprenant une transmission des valeurs dans l’apprentissage d’une langue étrangère, nous a amenée à analyser un corpus constitué de 14 méthodes FLE. L’objectif de cette analyse a été de déterminer le type de langue qui est principalement véhiculée dans les méthodes afin d’en examiner la pertinence pour répondre aux objectifs de l’institution en question. Dans cet article, nous présentons d’abord les résultats de l’analyse mise en place, nous les problématisons ensuite pour enfin proposer une description des actions mises en œuvre au Campus Toluca visant à répondre à ces objectifs.
tag enseignement du français langue étrangère, langue de culture, langue de service, méthodes FLE
Dits et inédits
Sémantique de corpus
Questions d'épistémologie et de méthodologie
FRANÇOIS RASTIER
Défis pour le « sentiment linguistique », les « nouveaux observables » que met en évidence la sémantique de corpus sont autant de défis pour l’interprétation ; il faut donc se garder de surinterpréter ses résultats, en indiquant toutefois des pistes de réflexion.Elles portent bien entendu sur les principes sous-jacents, souvent peu explicites, qui président à la constitution des corpus ; sur l’utilisation de logiciels comme instruments d’expérience ; enfin, sur les notions d’unité linguistique, de niveau et de palier d’analyse, comme sur les partitions disciplinarisées qui relèvent de la philosophie du langage (pragmatique, etc.).Cette étude aborde les problèmes philologiques et herméneutiques que pose l’étude de corpus numériques en fonction des tâches et des disciplines. Épistémologie, méthodologie, descriptions empiriques et applications vont alors de pair. En exploitant les corpus numériques, la linguistique pourrait proposer aux sciences de la culture de nouvelles perspectives épistémologiques et méthodologiques, voire un projet fédérateur.
tag corpus, logiciels, méthodologie, observables, sémantique des textes
Saussurismes et sémiotiques
From the Sign to the Passage: A Saussurean Perspective
WILLIAM J. CARRASCO
tag culture, deontology, duality, kenome, passage, point of view, praxeology, Rastier, Saussure, semiosis, sign
Parutions et trésors
Note de lecture Pierre-Yves TESTENOIRE [éd.], Ferdinand de Saussure. Anagrammes homériques ; Ferdinand de Saussure à la recherche des anagrammes, Limoges, Lambert-Lucas, 2013.
JULIE SORBA
La recherche de Ferdinand de Saussure sur les anagrammes poétiques se présente comme une brève parenthèse de la vie scientifique du linguiste (1906-1909). Le pari de Pierre-Yves Testenoire est de livrer au public un objet insolite dans le premier volume (Ferdinand de Saussure. Anagrammes homériques) puis d’en proposer une lecture critique dans le second volume (Ferdinand de Saussure à la recherche des anagrammes). La découverte de ces manuscrits de Saussure dans les années soixante s’est accompagnée d’éditions fragmentaires de certains cahiers d’anagrammes et a suscité des réactions fort diverses, certains considérant ces écrits révélateurs tantôt du génie de l’homme tantôt de son délire, d’autres les ignorant purement et simplement.
tag anagrammes, Homère, linguistique, méthode, mot-thème, poétique, Saussure
Arts du langage
Le plurilinguisme dans un poème de César Vallejo
ENRIQUE BALLÓN-AGUIRRE
L’article « Le plurilinguisme dans un poème de César Vallejo » se propose présenter l’écriture diglossique du poète péruvien Vallejo (Santiago de Chuco, Pérou, 1892 – Paris, 1938). Dès son premier recueil de poèmes publié en 1919, Les héraults noirs (Los heraldos negros), outre une série d’innovations radicales sur les façons de poétiser la langue espagnole, on peut repérer dans le castillan andin de César Vallejo de nombreuses traces de la langue quechua. Plus tard, pendant son stage à Paris (1923-1938), il composera des poèmes en langue espagnole qui contiennent des mots et des vers en langue française. Il sera examiné ici l’un de ces cas, un poème sans titre, extrait de son recueil posthume intitulé Poèmes humains (Poemas humanos). Dans les vers libres de ce poème, l’emploi des isotopies combinées aux figures rhétoriques dans les deux langues, permettent une portée expressive qui vraisemblablement ne serait pas obtenue avec une seule de ces langues.
tag diglossie, isotopies, plurilinguisme, poème, Vallejo