AUDREY MOUTAT
Résumé : Cet article vise à évaluer l’efficience communicationnelle de la métaphore vive employée dans les commentaires de dégustation publiés dans la presse œnologique. Métaphore qui, en dépit de la polyisotopie assez déroutante qu’elle instaure au sein du discours, permet néanmoins aux dégustateurs-amateurs d’élaborer, au terme d’un travail interprétatif plus ou moins entravé, des « impressions référentielles vineuses » partielles.Inscrite dans la perspective d’une sémantique interprétative initiée par François Rastier, cette étude entend ainsi montrer que les minima de sens dégagés par ce public non averti renvoient à des micro-unités perceptives communes à des ordres sensoriels distincts. Il semblerait, en effet, que les entrelacs ou superpositions isotopiques convoqués par la métaphore ne visent pas tant l’enjolivement textuel qu’une stratégie communicationnelle : les domaines sémantiques ainsi convoqués s’offriraient comme la manifestation discursive d’une passerelle entre deux sphères perceptives différentes dont les correspondances expérientielles seraient articulées par la médiation d’un noyau sémique.Une particularité qui nous permet, dans une plus large mesure, d’ouvrir la réflexion aux articulations possibles, et notamment aux conversions, entre niveaux sémiologique (sémiose perceptive) et sémantique (sémiose interprétante).